La loi création et internet, dans l’esprit je trouve ça bien … mais alors, l’implémentation, ça risque de devenir coton.
Télécharger des œuvres sans en payer les droits c’est mal. Point Barre. En partant de ce constat, qu’on peut difficilement réfuter, la loi qui est en cours d’adoption prend tout sons sens, dans l’esprit. Le problème, ce qui rend la loi « néfaste », c’est son implémentation, et la fameuse riposte graduée. (qui entre temps s’est transformée en double peine)
En pratique, ce que j’en ai compris c’est que si je suis pris à plusieurs reprises à télécharger (pirater!) des contenus protégés, on me coupe mon accès internet. (Que je continuerai à payer…). Avant de polémiquer, je souhaite reprendre le problème au départ: Quels sont mes besoins ou mes souhaits en terme de consommation numérique ?
- Séries américaines récentes et en VO et sous différents formats allant de la HD (pour mon grand écran d’iMAC) à l’iPhone pour les longs trajets en métro. Dans la plupart des cas, il n’y a pas d’offre légale qui tienne la route, ou qui soit bon marché.
- Films en VO et en HD, sachant que ma plateforme matérielle ne supporte pas (ou pas encore) le blueray. Oui j’ai un Mac…
- Musique pour mon iPhone. Pour la plupart des albums que j’écoute, je trouve ce qu’il me faut sur iTunes, et le seul défaut qu’il y avait a été levé, a savoir les DRM. Je peux donc maintenant aussi partager ma musique avec Madame, et sa clé USB MP3.
- PodCasts, émissions de radio, ici aussi l’offre via itunes ou les sites de radio me convient.
Tout cela, pour que je puisse l’utiliser légalement ou non doit être disponible sur mon Mac, mon iPhone et sur un PC.
L’offre légale.
Que nous propose l’industrie en terme d’offre légale sur ces sujets ?
Le DVD: il est souvent cher et son rapport qualité/prix peut être jugé très insatisfaisant. Combien de pochettes de DVD ne proposent même pas de synoptique du film ? Une suggestion, baisser le prix du DVD simple, sans bonus, et le distribuer plus vite, à la manière d’un single. Je dois reconnaitre que la loi propose, et demande, cette réduction des délais, mais je crains que les distributeurs en profitent encore pour augmenter le prix.
La VOD, autrement appelée téléchargement légal: Pour moi elle n’existe pas. En effet après une heure de recherches, Google aidant, je n’ai trouvé que des sites, pas encore tout à fait au point qui proposent de louer des films pour 24 ou 48 heures, assez cher d’ailleurs. Mais surtout, ils l’annoncent très honnêtement, qui ne fonctionnent pas avec Mac. Quand à iTunes, la seule offre vidéo que le site propose en France, ce sont de vieilles séries et quelques spectacles d’humoristes. C’est pour le coup pitoyable.
Enfin, si je paye pour acheter un film, je veux pouvoir le lire sur divers équipements. Pour 4 ou 5 euros le téléchargement, je ne veux pas être obligé de m’assoir devant un PC bruyant pour regarder le film. Je veux pouvoir le copier sur un DVD pour le regarder dans le salon, je veux pouvoir le copier sur mon iPhone pour pouvoir le voir dans le train ou le métro. Je veux pouvoir le copier sur un autre format: archos, CD, je veux être capable de le lire sur un netbook sous linux. A l’heure actuelle, les formats sont beaucoup trop propriétaires et peu interopérables pour cela. Et seule l’offre illégale propose des formats utilisables et/ou convertibles pour tous types d’utilisation.
Sur ce sujet j’ai peur que la législation ait un effet pervers. En effet, une fois protégés par une loi, qui va obliger les éditeurs à ouvrir leurs formats et à les rendre interopérables si ce n’est une autre loi que nous n’aurons jamais ?
Développer l’illimité
J’ai envie de jeter ici quelques idées qui me sont venues en écoutant divers débats sur le sujet.
On paye très cher des abonnements internet à très haut débit dont franchement je doute qu’on utilise le dixième des capacités dans un cadre uniquement légal. Pourquoi ne pas tranformer une partie de cet abonnement en abonnement de contenu ? Tout le monde ne serait pas forcé de le payer, les opérateurs pourraient ainsi créer des offres plus concurrentielles avec éventuellement un débit un peu moindre. D’ailleurs cette histoire de débit pourrait être une solution pour sanctionner les contrevenants sans pour autant couper l’accès, mais on en reparlera peut-etre dans un autre billet.
Sans forcément toucher aux revenus des opérateurs, il va absolument falloir développer ces systèmes d’abonnement ou de forfait illimité tant en quantité qu’en qualité. C’est à dire permettre pour un prix fixe d’accéder à un grand nombre de contenus et à une diversité de supports et de formats. On en revient à l’interopérabilité indispensable et préalable à toute coercition.
La crainte de l’erreur « judiciaire »
Si on ne développe pas ce genre d’offre, les offres illégales concurrentes, elles, vont continuer à prospérer et de manière impossible à détecter par la haute autorité, on va donc créer un système à plusieurs vitesses où les doués en technique trouveront des solutions pour ne pas se faire prendre et où les moins doués vont se retrouver sans internet, sans forcément savoir pourquoi et sans possibilité de recours. Ca vous parait juste tout ça ? Moi non, mais bon on ne viendra surement pas me demander mon avis.
Restons vigilants
Donc même si la loi a été rejetée au grand dam du seigneur de l’élysée il faut rester vigilant. Cet échec va être pris personnellement par un camp et donc l’antagonisme evers l’autre camp va se crystaliser autour du revote de cette loi, sans s’intéresser au contenu. Espérons que les sages sauront déméler tout ça en toute indépendance.
Quelques liens:
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